MUSIQUE · DEPUIS 1994

Une autre façon
de construire.

Tout commence au milieu des années 1990, avec quelques accords de Nirvana joués un été chez ma grand-mère, une guitare difficile à apprivoiser et une envie beaucoup plus tenace que prévu. Trente ans plus tard, cette envie est toujours là : jouer, comprendre, chercher un son, apprendre encore, interpréter, arranger et produire.

Cyril Ogez jouant de la guitare sur scène
Sur scène, guitare en main.

LE DÉCLIC

1994. La claque Nirvana.

En 1994, MTV Unplugged in New York de Nirvana marque toute une génération. Chez moi, personne n’est vraiment musicien : un grand frère gratouille un peu, un autre touche au synthétiseur. Rien ne laisse alors imaginer la place que la musique va prendre.

Pendant les vacances d’été chez ma grand-mère, un cousin sort une guitare et joue des morceaux de l’album. Je me souviens surtout de cette impression immédiate : quelques accords, le son du bois, quelque chose de brut et d’émouvant. La claque. Je veux faire pareil.

Cette même année, je demande une guitare pour mon anniversaire. Mes parents pensent probablement à une lubie. Je reçois une folk acoustique sans marque, achetée dans une petite boutique de Seine-et-Marne. Elle est dure à jouer, peu confortable et certainement pas idéale pour débuter. Les progrès sont lents, les doigts font mal, mais je m’accroche.

Je ne me suis jamais arrêté depuis.

APPRENDRE SEUL

La musique comme échappatoire.

Le lycée est, comme pour beaucoup d’adolescents, une période où l’on se cherche. La musique devient plus qu’un loisir : un refuge, un territoire à soi, une façon de canaliser ce que l’on ne sait pas toujours exprimer autrement.

Je découvre alors tout un pan de l’histoire de la guitare qui me fascine : Eric Clapton, Jimmy Page, David Gilmour, Mark Knopfler, Brian May. Puis viennent les virtuoses et shredders comme Eddie Van Halen, Joe Satriani, Steve Vai, Yngwie Malmsteen, Nuno Bettencourt, sans oublier John Petrucci et l’univers du métal progressif.

À une époque où YouTube n’existe pas encore et où l’apprentissage passe beaucoup par les disques, les copains, les tablatures et les magazines, Guitar Part devient mon rendez-vous mensuel. J’attends chaque numéro avec impatience : interviews, tests de matériel, partitions… Une vraie madeleine de Proust, dont je possède toujours aujourd’hui une partie de la collection.

Je suis totalement autodidacte. J’apprends en écoutant, en observant, en recommençant. Souvent seul, parfois avec le sentiment de ne pas avancer assez vite, mais avec cette envie constante de comprendre le geste suivant, l’accord suivant, le son suivant.

Quelques années plus tard, j’achète ma première électrique : une Squier noire, au frère d’une camarade de lycée. Ce n’est encore qu’une étape, mais le terrain de jeu vient soudain de s’agrandir.

Ancien numéro du magazine Guitar Part conservé par Cyril Ogez
Guitar Part, rendez-vous mensuel incontournable : tablatures, interviews, tests de matériel… et une collection qui existe encore aujourd’hui.
Gros plan sur les mains de Cyril Ogez jouant de la guitare

Apprendre un geste. Chercher un son. Recommencer.

01

LA GUITARE QUI RESTE

Une Vigier Excalibur avec mes premières paies.

Pendant mon apprentissage chez Roto France, je mets de côté une partie de mes premières paies avec une idée bien précise : m’offrir ma première « vraie » guitare électrique.

À cette époque, j’admire énormément Ron Thal. Dans ma tête, un instrument incarne cette envie de progresser et cette liberté de jeu : la Vigier Excalibur. Je monte à Paris avec des amis pour en trouver une. Le modèle exact que j’imagine — finition et micros compris — est introuvable. Je pourrais attendre, mais après avoir économisé et fait le déplacement, impossible de rentrer les mains vides.

Je choisis finalement une finition verte équipée de micros Seymour Duncan. Avec le recul, elle représente beaucoup plus qu’un achat de matériel : la passion commencée sur une folk récalcitrante est devenue quelque chose de durable. Cette Vigier, je la possède toujours aujourd’hui.

La Vigier Excalibur verte de Cyril Ogez avec plusieurs de ses guitares
La Vigier Excalibur verte, entourée de quelques instruments qui ont rejoint la collection.
02

ÉLARGIR LE TERRAIN DE JEU

Le POD XT, puis le piano et les autres instruments.

Pendant mes études à Londres, je découvre le POD XT de Line 6. Au début des années 2000, cet objet rouge au design improbable représente pour moi quelque chose de presque magique : pouvoir explorer chez soi des univers d’amplis, d’effets et de textures sans disposer d’un studio rempli de matériel.

Je passe du temps à essayer, comparer, modifier. Plus que le simple multi-effet, c’est l’idée d’un véritable laboratoire sonore qui me séduit. Le coup de foudre pour Line 6 ne s’est jamais vraiment démenti depuis.

Line 6 POD XT, multi-effet et simulateur d’amplis pour guitare
Le POD XT de Line 6 : l’un des premiers outils qui m’a donné le sentiment d’avoir un laboratoire sonore à portée de main.

La curiosité me pousse aussi hors de la guitare. Vers 24 ans, j’achète un Yamaha Clavinova, que je possède toujours. Je ne serai jamais un grand pianiste, mais le piano m’offre une autre manière de m’évader et de penser l’harmonie. Viendront ensuite le ukulélé, puis une basse et une batterie électronique : non pas pour devenir multi-instrumentiste à tout prix, mais pour mieux comprendre le rôle de chacun dans un arrangement.

03

JOUER AVEC LES AUTRES

Une rencontre, un groupe, une amitié.

À l’aube de mes 40 ans, je rencontre David Iborra. Il a un groupe, des compositions et cette envie de faire vivre les morceaux sur scène. J’intègre l’aventure comme deuxième guitariste. C’est le début d’une histoire musicale, mais surtout d’une grande amitié — une relation devenue fraternelle.

Nous jouons ses compositions, nous nous produisons lors de plusieurs événements, nous travaillons les arrangements et nous composons aussi ensemble. Nous partageons notamment une passion pour Jean-Jacques Goldman, ce qui en dit sans doute beaucoup sur notre attachement commun aux chansons qui racontent quelque chose.

Après des années à apprendre seul, jouer avec d’autres change tout : il faut écouter, laisser de l’espace, se mettre au service d’un morceau. La musique cesse d’être uniquement un refuge personnel ; elle devient aussi un lien.

Cyril Ogez et David Iborra sur scène lors du Blandy Musical Tour 2022
Blandy Musical Tour — 2022. Une aventure musicale devenue au fil du temps une vraie amitié.

LA RÉVÉLATION

Un orchestre à la maison.

La grande révélation arrive avec la MAO. Adolescent, j’en découvre les balbutiements avec des versions de Cubase que l’on s’échange entre copains. On ne comprend pas grand-chose, on clique partout, on teste, on recommence. Mais une idée s’installe déjà : l’ordinateur peut devenir un instrument à part entière.

Au fil des années, les instruments virtuels deviennent plus réalistes et les possibilités explosent. Un orchestre, des synthétiseurs, des batteries, des textures impossibles à posséder physiquement peuvent désormais tenir dans une machine. Pour quelqu’un de curieux, le terrain de jeu est vertigineux.

Vers 40 ans, après une rupture, je m’offre mon premier MacBook avec une idée très concrète : en faire la première pièce d’un home studio. Des enceintes Yamaha HS5 et une petite interface Scarlett suivent. Je construis progressivement cet espace, matériel après matériel, apprentissage après apprentissage.

Je choisis Ableton Live après avoir vu des démonstrations de live looping. Sa logique me parle immédiatement. Puis viennent Push, Komplete Kontrol, les instruments virtuels, le sampling, le mixage, le sound design. À un moment, je sens aussi les limites de l’apprentissage uniquement empirique : l’envie ne suffit plus. Je décide alors de me former sérieusement pour donner à mes idées les moyens d’aller plus loin.

APPRENDRE ENCORE

Se former pour
dépasser ses limites.

Apprendre a toujours fait partie du plaisir. Avec la production, cette curiosité devient une démarche plus structurée : mieux comprendre le mixage, le mastering, le sampling, la production orchestrale, les outils créatifs et les environnements logiciels pour être plus libre au moment de créer.

Voir les formations suivies 11 formations
Apprendre le mixage audio de A à ZDevenirBeatmaker.com
Faire un master pro en home studioDevenirBeatmaker.com
Arturia V Collection 9 — Produire un titre 80’sElephorm
Ableton Push 2 — Techniques essentielles et avancéesSAWUP
Produire des maquettes orchestrales réalistesSAWUP
Sampling et manipulations sonoresSAWUP
Apprendre le mixage audio avec Ableton Live 12Elephorm
Maîtriser Exhale d’OutputElephorm
Logic Pro 11.2 — Nouveautés et outils créatifsElephorm
Ableton Live 12.2 — Maîtriser les nouveautésElephorm
Apprendre OmnisphereElephorm

ET AUJOURD’HUI

Je produis, j’arrange et j’interprète.

Trois morceaux pour illustrer différentes facettes de cette démarche : relecture, production et interprétation.

01Poinçonneur V23:53

Une relecture volontairement décalée du Poinçonneur des Lilas de Serge Gainsbourg, revisitée dans un univers plus disco / pop.

02Ehoo2:15

Une autre facette de mon travail de production et d’arrangement, où l’expérimentation sonore prend davantage de place.

03Through the Valley3:18

Une interprétation instrumentale de Through the Valley de Shawn James, morceau notamment associé à l’univers de The Last of Us Part II.

La guitare m’a appris la patience. Le groupe m’a appris l’écoute. La MAO m’a appris à construire. Au fond, ma manière de faire de la musique n’est pas si éloignée de ma manière de travailler : curiosité, exigence, expérimentation et goût du détail.